La prière rituelle (salât) se compose de cinq prières quotidiennes, Fajr (2 rak’ah), Dhuhr (4), Asr (4), Maghrib (3) et Isha (4), soit 17 unités par jour, chacune précédée des ablutions. Pour un débutant, apprendre la prière islamique est plus facile en séparant trois choses : les gestes d’abord, puis les paroles, enfin leur sens. Le guide PDF de 4 pages suit cet ordre et laisse de la place pour noter ce que vous transmet votre enseignant ou votre imam.
Que faut-il savoir avant de commencer la prière ?
La prière n’est valable qu’à certaines conditions, que les ouvrages de jurisprudence musulmane listent de façon assez constante : être en état de pureté rituelle, porter des vêtements propres qui couvrent le corps comme il se doit, prier dans un lieu propre, être tourné vers la qibla (la direction de la Kaaba, à La Mecque), et prier une fois l’heure de la prière entrée. S’y ajoute l’intention (niyya), qui se formule dans le cœur.
La purification (tahâra) : ablutions et grand lavage
On distingue deux purifications :
- Les ablutions (wudû’), avant la prière, lorsqu’on les a perdues : après être allé aux toilettes, après un gaz, après un sommeil profond ou une perte de conscience.
- Le grand lavage (ghusl), qui lave tout le corps, après un rapport intime ou une émission séminale, et à la fin des règles ou des lochies.
Quand l’eau manque ou ne peut pas être utilisée, la jurisprudence prévoit une ablution sèche (tayammum), dont les modalités s’apprennent auprès d’un enseignant.
Comment faire les ablutions dans le bon ordre ?
Les membres à laver sont mentionnés dans le Coran (sourate 5, verset 6) : le visage, les bras jusqu’aux coudes, un passage sur la tête, les pieds jusqu’aux chevilles. La pratique transmise y ajoute des gestes recommandés, et l’ordre courant est le suivant :
- Intention et basmala : on a l’intention de faire ses ablutions et l’on dit « Bismi Llah ».
- Les mains jusqu’aux poignets, 3 fois.
- La bouche : se rincer la bouche, 3 fois.
- Le nez : aspirer un peu d’eau et la rejeter, 3 fois.
- Le visage, du haut du front au menton et d’une oreille à l’autre, 3 fois.
- Les bras jusqu’aux coudes compris, le droit puis le gauche, 3 fois chacun.
- La tête : passer les mains mouillées une fois, de l’avant vers l’arrière puis retour.
- Les oreilles : les essuyer avec les doigts mouillés, une fois.
- Les pieds jusqu’aux chevilles comprises, le droit puis le gauche, 3 fois chacun.
Les écoles juridiques ne classent pas toutes ces étapes de la même façon (obligatoire ou recommandée). Pour un débutant, suivre l’ordre complet évite la question ; les détails de votre école se voient ensuite avec un enseignant.
Quelles sont les 5 prières quotidiennes et leurs horaires ?
| Prière | Moment | Rak’ah | Récitation |
|---|---|---|---|
| Fajr | De l’aube au lever du soleil | 2 | à voix haute |
| Dhuhr | Après le passage du soleil au zénith | 4 | à voix basse |
| Asr | Milieu de l’après-midi | 4 | à voix basse |
| Maghrib | Juste après le coucher du soleil | 3 | à voix haute (2 premières) |
| Isha | À la nuit tombée | 4 | à voix haute (2 premières) |
Les horaires changent chaque jour avec la course du soleil, et d’une ville à l’autre. Il existe plusieurs méthodes de calcul pour l’aube et la nuit : prenez le calendrier de la mosquée de votre ville, c’est celui que suit la communauté autour de vous.
Quels gestes et positions pendant la salât ?
Une rak’ah enchaîne toujours les mêmes positions. Les apprendre sans les paroles, pendant quelques jours, libère la mémoire pour la suite.
- Takbîr d’entrée : debout, on lève les mains (à hauteur des épaules ou des oreilles selon les écoles) en disant « Allâhu akbar ».
- Station debout (qiyâm) : le regard vers l’endroit de la prosternation. Beaucoup posent la main droite sur la gauche ; dans l’école malikite, il est courant de laisser les bras le long du corps.
- Inclinaison (rukû’) : le dos à l’horizontale, les mains sur les genoux.
- Redressement : retour à la position debout.
- Prosternation (sujûd) : front et nez au sol, ainsi que les paumes, les genoux et les orteils. On compte ainsi sept parties du corps posées.
- Assise (julûs) : entre les deux prosternations, puis pour le tashahhud.
Ces différences entre écoles déroutent souvent les débutants. Elles sont anciennes, documentées, et chaque pratique a ses références : suivez celle de la personne qui vous enseigne, sans chercher à trancher seul.
Que récite-t-on pendant la prière islamique ?
Les formules courtes se retiennent en quelques jours. Elles sont données en transcription, qui n’est qu’une béquille : la prononciation se vérifie à l’oreille, auprès d’un récitant ou d’un enseignant.
Les formules de la rak’ah
- Entrée et changements de position : « Allâhu akbar ».
- Ouverture (recommandée, pas pratiquée dans toutes les écoles) : « Subhânaka Llâhumma wa bi-hamdika, wa tabâraka smuka, wa ta’âlâ jadduka, wa lâ ilâha ghayruk ».
- Demande de protection : « A’ûdhu bi-Llâhi mina sh-shaytâni r-rajîm ».
- Debout : la sourate Al-Fâtiha, dans chaque rak’ah, puis une courte sourate dans les deux premières.
- Inclinaison : « Subhâna rabbiya l-‘azîm » (3 fois).
- En se redressant : « Sami’a Llâhu li-man hamidah », puis debout : « Rabbanâ wa laka l-hamd ».
- Prosternation : « Subhâna rabbiya l-a’lâ » (3 fois).
- Assis entre les deux prosternations : « Rabbi ghfir lî ».
- Fin : « As-salâmu ‘alaykum wa rahmatu Llâh », en tournant la tête à droite, puis à gauche (une seule salutation à droite dans certaines écoles).
Le tashahhud (l’attestation récitée en position assise) et la prière sur le Prophète qui le suit en fin de prière existent en plusieurs versions transmises, qui diffèrent de quelques mots. Le guide laisse des lignes pour recopier la version que votre enseignant vous donne, plutôt que d’en imposer une.
Comment se structure une prière en rak’ah ?
Une rak’ah va de la station debout jusqu’à la fin de la seconde prosternation. Le schéma se répète, avec deux repères :
- Après la 2e rak’ah, on s’assoit pour le tashahhud. Dans une prière de 2 rak’ah (Fajr), c’est l’assise finale : on termine par la prière sur le Prophète et la salutation.
- Dans une prière de 3 ou 4 rak’ah, on se relève après ce premier tashahhud. Dans les rak’ah suivantes, on ne récite que la Fâtiha. L’assise finale vient après la dernière rak’ah.
Les juristes distinguent les piliers de la prière (station debout, Fâtiha, inclinaison, prosternations, assise finale…) des actes recommandés. Oublier un pilier oblige à le reprendre ; certains oublis se réparent par deux prosternations dites « de l’oubli ». Les règles précises varient selon les écoles : c’est typiquement la question à poser à un enseignant plutôt qu’à un document.
Comment apprendre la prière islamique avec le guide PDF, sans se décourager ?
Un adulte qui ne lit pas l’arabe apprend la prière en quatre à six semaines, à condition de fractionner. Le plan du guide suit trois phases.
- Semaine 1 : les gestes seuls. Ablutions complètes chaque jour, enchaînement des positions d’une prière de 2 rak’ah, en ne disant que « Allâhu akbar ».
- Semaines 2 et 3 : les paroles. La Fâtiha, 7 versets, à raison d’un ou deux versets par jour ; puis les formules courtes de l’inclinaison et de la prosternation.
- Semaine 4 : l’assise et la fin. Le tashahhud, verset par verset, avec l’enseignant ; puis une courte sourate.
- Ensuite : le sens. Lire une traduction de la Fâtiha et des formules pour savoir ce que l’on dit.
Pour les textes, la mémorisation obéit aux mêmes lois que n’importe quel texte appris par cœur : de courtes séances répétées à intervalles croissants. La répétition espacée s’applique directement : on révise la Fâtiha le lendemain, puis trois jours après, puis une semaine après, en plus de la pratique quotidienne. Les méthodes pour apprendre vite un texte par cœur fonctionnent aussi : découper, réciter sans regarder, vérifier.
Quels supports et quelles pédagogies pour apprendre la prière ?
| Support | Ce qu’il apporte | Sa limite |
|---|---|---|
| Guide imprimé | L’ordre des gestes, une trace écrite à annoter | Ne donne pas la prononciation |
| Enregistrement d’un récitant | La prononciation, le rythme | Passif si on ne répète pas à voix haute |
| Prier à côté de quelqu’un | L’imitation directe des gestes | Rythme imposé, parfois trop rapide |
| Cours avec un enseignant | Correction, réponses aux questions de jurisprudence | Demande un créneau régulier |
Le meilleur dispositif combine le guide pour l’ordre, l’écoute pour la prononciation et un enseignant pour corriger. Ceux qui veulent un jour lire les textes dans leur langue d’origine peuvent commencer en parallèle à apprendre à lire l’arabe : l’alphabet se lit en quelques semaines et rend la transcription inutile.
Les gestes d’abord, les paroles ensuite, le sens enfin, et un enseignant pour trancher toute question de détail.
ActualitéPrière en islam : guide PDF pour débutantsLes principes de mémorisation utilisés ici sont détaillés dans le dossier apprendre par cœur.




