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Fiche de révision SES terminale : les 12 chapitres en fiches

Le programme de SES de terminale compte douze chapitres : cinq en science économique, cinq en sociologie et science politique, deux en regards croisés. Chaque fiche de révision doit contenir trois choses : les notions du programme définies en une ligne, les mécanismes à dérouler (par exemple la destruction créatrice de Schumpeter ou le paradoxe de l’action collective d’Olson, 1965) et deux ou trois chiffres pour illustrer.

Que doit contenir une bonne fiche de révision de SES en terminale ?

En SES, la définition exacte rapporte des points et l’approximation en fait perdre. « Le chômage, c’est quand on n’a pas de travail » ne vaut rien ; la définition du BIT vaut une ligne de barème. Chaque fiche doit donc commencer par les notions listées dans le programme officiel, formulées au mot près, puis enchaîner les mécanismes sous forme de chaînes causales (A entraîne B, qui entraîne C). C’est exactement ce que demandent l’épreuve composée et la dissertation.

Les chiffres viennent en dernier et restent peu nombreux : deux ou trois par chapitre, datés. Un correcteur préfère un ordre de grandeur juste et daté à une avalanche de pourcentages. La méthode générale des fiches de révision s’applique ici, avec une contrainte en plus : chaque notion doit pouvoir être utilisée dans une phrase d’argumentation.

Science économique : les cinq fiches à connaître

1. Sources et défis de la croissance économique

  • Croissance : augmentation durable de la production, mesurée par le taux de variation du PIB en volume.
  • Facteurs : accumulation des facteurs travail et capital, et productivité globale des facteurs (PGF), la part de la croissance que les facteurs n’expliquent pas (le « résidu », souvent attribué au progrès technique).
  • Progrès technique endogène : il résulte des investissements (recherche, capital humain, infrastructures) et entretient la croissance (P. Romer, 1990).
  • Institutions : les droits de propriété encouragent l’investissement et l’innovation (D. North).
  • Destruction créatrice (J. Schumpeter) : l’innovation fait disparaître des activités et en crée d’autres ; elle peut accroître les inégalités de revenus.
  • Limites écologiques : épuisement des ressources, pollution, réchauffement. Soutenabilité faible : le capital naturel peut être remplacé par d’autres capitaux ; soutenabilité forte : il doit être préservé car il n’est pas substituable.

2. Commerce international et internationalisation de la production

  • Avantage comparatif (D. Ricardo, 1817) : chaque pays gagne à se spécialiser là où il est relativement le plus efficace.
  • Dotations factorielles (modèle HOS) : un pays exporte les biens qui utilisent intensivement le facteur dont il est abondamment doté.
  • Commerce intra-branche : échange de produits similaires, expliqué par la différenciation des produits, la demande de variété et les économies d’échelle.
  • Fragmentation de la chaîne de valeur : les firmes multinationales découpent la production entre plusieurs pays selon les coûts, l’accès aux marchés et la proximité des clients.
  • Effets : gains pour le consommateur (prix, variété), mais inégalités de revenus au sein des pays (emplois peu qualifiés exposés).
  • Politiques : libre-échange ou protectionnisme (droits de douane, quotas, normes).

3. Comment lutter contre le chômage ?

  • Chômeur au sens du BIT : personne en âge de travailler, sans emploi durant la semaine de référence, disponible pour en prendre un dans les deux semaines et ayant cherché activement un emploi dans le mois précédent (ou en ayant trouvé un qui commence dans moins de trois mois).
  • Taux de chômage = chômeurs / population active × 100. Le halo du chômage regroupe les inactifs proches du chômage.
  • Chômage structurel : problèmes d’appariement (qualifications, géographie), asymétries d’information, salaire d’efficience, effets des institutions du marché du travail.
  • Chômage conjoncturel : insuffisance de la demande anticipée par les entreprises, fluctuations de l’activité.
  • Politiques : soutien de la demande globale (conjoncturel) ; baisse du coût du travail, formation, flexibilisation du marché du travail (structurel).

4. Crises financières et régulation

  • Exemples : krach de 1929 et Grande Dépression ; crise des subprimes (2007-2008), faillite de Lehman Brothers en septembre 2008.
  • Bulle spéculative : hausse du prix d’un actif au-delà de sa valeur fondamentale, entretenue par des comportements mimétiques.
  • Panique bancaire : retraits massifs des déposants qui peuvent faire tomber une banque solvable.
  • Transmission à l’économie réelle : faillites en chaîne, effet de richesse négatif, contraction du crédit (credit crunch).
  • Régulation : supervision des banques par la banque centrale, ratios de fonds propres (réglementation prudentielle), réponse à l’aléa moral (prise de risque excessive quand on se sait protégé).

5. Politiques économiques dans le cadre européen

  • Intégration : marché unique (1993), Union économique et monétaire, euro (1999 pour les marchés, 2002 pour les pièces et billets).
  • Politique de la concurrence : contrôle des concentrations, des abus de position dominante, des ententes et des aides d’État.
  • Politique monétaire : conduite par la BCE, objectif de stabilité des prix (inflation de 2 % à moyen terme).
  • Politique budgétaire : nationale, encadrée par le Pacte de stabilité et de croissance (déficit public de 3 % du PIB, dette publique de 60 % du PIB).
  • Difficultés : chocs asymétriques, manque de coordination entre politiques budgétaires nationales.

Sociologie et science politique : quelles notions tombent le plus ?

6. Structure de la société française

  • Facteurs de hiérarchisation : profession et catégorie socioprofessionnelle (PCS de l’Insee), revenu, diplôme, composition du ménage, position dans le cycle de vie, sexe, lieu de résidence.
  • Marx : classes définies par la place dans les rapports de production ; classe « en soi » et « pour soi » (conscience de classe).
  • Weber : approche multidimensionnelle (ordre économique, social, politique : classes, groupes de statut, partis).
  • Évolutions : salarisation, tertiarisation, élévation du niveau de qualification, féminisation des emplois. Débat : moyennisation ou persistance des classes sociales ?

7. L’action de l’école sur les destins individuels

  • Massification : hausse forte du nombre d’élèves et d’étudiants, et allongement des scolarités.
  • Démocratisation : réduction des inégalités d’accès aux diplômes selon l’origine sociale. Elle reste partielle : on parle de démocratisation ségrégative quand l’accès progresse mais que les filières restent socialement différenciées.
  • Inégalités de réussite : selon l’origine sociale et selon le sexe (orientation différenciée des filles et des garçons).
  • Capital culturel (P. Bourdieu et J.-C. Passeron, Les Héritiers, 1964) : l’école valorise une culture plus proche de celle des milieux favorisés, ce qui contribue à la reproduction sociale.
  • Stratégies des familles (R. Boudon, L’Inégalité des chances, 1973) : à résultats égaux, les familles n’évaluent pas de la même façon coûts, risques et bénéfices d’une poursuite d’études.
  • Autres facteurs : socialisation familiale différenciée, rôle de l’institution scolaire (orientation, établissements).

8. Mobilité sociale

  • Mobilité intergénérationnelle : changement de position sociale entre parents et enfants ; intragénérationnelle : au cours de la vie d’un individu.
  • Table de destinée : ce que deviennent les enfants d’une origine donnée. Table de recrutement : d’où viennent les membres d’une catégorie.
  • Mobilité observée : l’ensemble des mouvements mesurés ; mobilité structurelle : celle imposée par l’évolution de la structure des emplois ; fluidité sociale : l’égalité ou l’inégalité des chances d’accès aux positions, indépendamment de la structure.
  • Déclassement et ascension ; mobilité horizontale et verticale.
  • Facteurs : évolution de la structure socioprofessionnelle, niveau de formation, ressources et configurations familiales.

9. Mutations du travail et de l’emploi

  • Travail (activité de production) et emploi (travail rémunéré, déclaré, inscrit dans un statut).
  • Taylorisme : division verticale et horizontale du travail, chronométrage. Post-taylorisme : polyvalence, autonomie, travail en équipe, mais intensification.
  • Numérique : brouillage des frontières entre travail et hors travail, plateformes, auto-entrepreneurs.
  • Qualité de l’emploi : salaire, conditions de travail, sécurité, perspectives. Polarisation : hausse des emplois très et peu qualifiés, recul du milieu.
  • Intégration sociale : le travail intègre, mais la précarité et le chômage l’affaiblissent.

10. Engagement politique

  • Formes : vote, militantisme, engagement associatif, consommation engagée, manifestation, pétition.
  • Paradoxe de l’action collective (M. Olson, 1965) : chacun a intérêt à laisser les autres se mobiliser (passager clandestin). Réponses : incitations sélectives, rétributions symboliques.
  • Structure des opportunités politiques : le contexte rend la mobilisation plus ou moins probable.
  • Variables sociodémographiques : diplôme, âge, génération, sexe, catégorie sociale.
  • Évolutions : nouveaux objets (environnement, genre), nouveaux acteurs, répertoires d’action renouvelés (C. Tilly).

Regards croisés : justice sociale et environnement en deux fiches

11. Inégalités et justice sociale

  • Mesures : rapport interdécile D9/D1, courbe de Lorenz, coefficient de Gini (0 = égalité parfaite, 1 = inégalité maximale), part des 1 % les plus riches.
  • Égalités : des droits, des chances, des situations.
  • Conceptions : utilitarisme (maximiser le bien-être total), libertarisme (R. Nozick, primauté des libertés individuelles), égalitarisme libéral (J. Rawls, principe de différence : une inégalité est juste si elle profite aux plus défavorisés), égalitarisme strict.
  • Action des pouvoirs publics : fiscalité (progressive), protection sociale, services collectifs, lutte contre les discriminations.
  • Débats : efficacité, légitimité, risque d’effets pervers (désincitation au travail, trappes à inactivité).

12. Action publique pour l’environnement

  • Acteurs : pouvoirs publics, ONG, entreprises, scientifiques, partis, mouvements citoyens ; négociations internationales (COP ; accord de Paris, 2015).
  • Externalité négative : effet d’une activité sur un tiers sans compensation monétaire (pollution).
  • Biens communs : rivaux et non excluables, exposés à la surexploitation.
  • Instruments : réglementation (normes, interdictions), taxation (principe pollueur-payeur), subventions à l’innovation verte, marché de quotas d’émission (système européen créé en 2005).
  • Limites : passager clandestin entre États, fuites de carbone, acceptabilité sociale des taxes.

Ce chapitre se prête bien à une carte mentale : trois instruments, leurs avantages, leurs limites. La page comment faire une carte mentale montre comment la construire en vingt minutes.

Quels auteurs et quelles dates citer au bac de SES ?

Auteur Idée à retenir Chapitre
D. Ricardo (1817) Avantage comparatif Commerce international
J. Schumpeter Innovation, destruction créatrice Croissance
P. Romer (1990) Croissance endogène Croissance
D. North Rôle des institutions Croissance
K. Marx Classes et rapports de production Structure sociale
M. Weber Stratification multidimensionnelle Structure sociale
M. Olson (1965) Paradoxe de l’action collective Engagement
J. Rawls (1971) Principe de différence Justice sociale
P. Bourdieu, J.-C. Passeron (1964) Capital culturel, reproduction École
R. Boudon (1973) Stratégies des familles École
R. Nozick Libertarisme Justice sociale
F. W. Taylor Organisation scientifique du travail Travail et emploi

Un nom d’auteur n’apporte rien s’il n’est pas relié à un mécanisme. « Selon Olson, un groupe large se mobilise difficilement car chaque membre peut profiter du résultat sans en supporter le coût » : cette phrase rapporte. « Comme l’a dit Olson » seul ne rapporte rien.

Fiches de révision SES terminalePDF A4 · 3 p. · à imprimer
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Comment apprendre ces fiches de SES sans y passer ses soirées ?

  1. Définitions au recto, mécanismes au verso : sur chaque fiche, les notions d’un côté, les chaînes causales de l’autre.
  2. Récitation à voix haute : lisez la notion, cachez la définition, dites-la. Deux passages ratés, et la notion passe sur une carte à part.
  3. Entraînement au raisonnement : pour chaque mécanisme, écrivez un paragraphe AEI (affirmation, explication, illustration) en dix minutes.
  4. Révision croisée : reliez les chapitres. Le chômage structurel renvoie aux mutations du travail ; les inégalités renvoient à la mobilité sociale.

Le générateur de fiche de révision met en forme vos notions en recto-verso. La fiche de philosophie terminale complète utilement le chapitre sur la justice sociale, où Rawls apparaît dans les deux matières.

Carte mentale des nombres relatifs : comparer, additionner, multiplier

En SES, une notion n’est acquise que si vous savez la définir au mot près et l’utiliser dans un mécanisme.

Qu’est-ce que la productivité globale des facteurs ?

La part de la croissance qui ne s’explique pas par l’augmentation des quantités de travail et de capital ; elle reflète surtout le progrès technique.

Quelle différence entre table de destinée et table de recrutement ?

La destinée part de l’origine sociale (que deviennent les enfants d’ouvriers ?) ; le recrutement part de la position actuelle (d’où viennent les cadres ?).

Que dit le principe de différence de Rawls ?

Une inégalité est juste si elle améliore la situation des plus défavorisés (et si les positions restent ouvertes à tous).

Citez deux causes de chômage structurel.

Les problèmes d’appariement et le salaire d’efficience (ou les asymétries d’information, ou les institutions du marché du travail).

Qu’est-ce que l’aléa moral dans le système financier ?

La prise de risque excessive d’un acteur qui se sait protégé, par exemple une banque qui compte sur un sauvetage public.

Quels sont les trois grands instruments de la politique climatique ?

La réglementation, la taxation et le marché de quotas d’émission (plus les subventions à l’innovation).

Que signifie un coefficient de Gini proche de 0 ?

Une répartition presque égalitaire.

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