Une figure de style est un procédé d’écriture qui s’écarte de l’expression ordinaire pour produire un effet : rendre une image plus frappante, insister, surprendre, faire entendre un son. Une fiche de révision d’une vingtaine de figures suffit pour le brevet et le bac, à condition de les ranger en cinq familles et de savoir dire l’effet produit, sans quoi le repérage ne rapporte presque rien.
Pourquoi classer les figures de style par familles sur sa fiche ?
Apprendre vingt définitions à la suite, c’est les confondre au bout de trois jours. Les ranger par ce qu’elles font (rapprocher, opposer, amplifier, remplacer, répéter) ramène vingt cases à cinq : face à un texte, vous cherchez d’abord la famille, puis la figure précise. C’est aussi la bonne entrée pour le commentaire, puisque l’effet d’une figure dépend surtout de sa famille.
Famille 1 : rapprocher (l’analogie)
- Comparaison : rapproche deux éléments avec un outil de comparaison (comme, tel, pareil à, ressembler). « La Terre est bleue comme une orange » (Éluard).
- Métaphore : rapprochement sans outil de comparaison. « Ma jeunesse ne fut qu’un ténébreux orage » (Baudelaire).
- Métaphore filée : métaphore prolongée sur plusieurs phrases ou vers, avec un vocabulaire du même domaine.
- Personnification : prête des traits humains à un objet, un animal, une idée. « La mer gronde. »
- Allégorie : représente une idée abstraite sous une forme concrète et animée. La Mort en faucheuse, la Liberté guidant le peuple.
Effet : rendre concret, créer une image, faire voir autrement.
Famille 2 : opposer
- Antithèse : oppose deux mots ou idées dans une même phrase. « Je vis, je meurs » (Louise Labé).
- Oxymore : associe deux termes contradictoires dans le même groupe de mots. « Cette obscure clarté qui tombe des étoiles » (Corneille, Le Cid).
- Chiasme : deux groupes construits en miroir, structure ABBA. « Il faut manger pour vivre et non pas vivre pour manger » (Molière, L’Avare).
- Antiphrase : dire le contraire de ce qu’on pense, par ironie. « Quel temps magnifique ! » sous la grêle.
Effet : souligner un contraste, une contradiction, un déchirement.
Famille 3 : amplifier ou atténuer
- Hyperbole : exagération. « Je meurs de faim. »
- Gradation : suite de termes d’intensité croissante (ou décroissante). « Va, cours, vole, et nous venge » (Corneille, Le Cid).
- Énumération / accumulation : suite de termes de même nature ; on parle d’accumulation quand l’effet est d’abondance.
- Litote : dire moins pour faire entendre plus, souvent par la négation du contraire. « Va, je ne te hais point » (Corneille, Le Cid) signifie « je t’aime ».
- Euphémisme : atténuer une réalité pénible. « Il nous a quittés » pour « il est mort ».
Effet : insister, dramatiser (hyperbole, gradation) ou adoucir, suggérer (litote, euphémisme).
Famille 4 : remplacer (la substitution)
- Métonymie : désigner une chose par une autre qui lui est liée (le contenant pour le contenu, le lieu pour les personnes). « Boire un verre », « l’Élysée a annoncé ».
- Périphrase : remplacer un mot par une expression plus longue qui le décrit. « La Ville lumière » pour Paris, « l’astre du jour » pour le soleil.
Effet : mettre en valeur une caractéristique, éviter une répétition, élever le style.
Famille 5 : répéter (construction et sonorités)
- Anaphore : répétition d’un mot ou d’un groupe en tête de vers ou de phrase. « Rome, l’unique objet de mon ressentiment ! / Rome, à qui vient ton bras d’immoler mon amant ! » (Corneille, Horace).
- Parallélisme : deux phrases ou groupes construits de la même façon.
- Allitération : répétition d’un même son consonne. « Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes ? » (Racine, Andromaque) : le son [s] imite le sifflement.
- Assonance : répétition d’un même son voyelle. « Tout m’afflige et me nuit et conspire à me nuire » (Racine, Phèdre) : le son [i].
Effet : rythmer, marteler, créer une musique ou une harmonie imitative.
Comment ne plus confondre comparaison et métaphore ?
Une seule question à se poser : y a-t-il un outil de comparaison ? « Comme », « tel que », « semblable à », « ressembler à », « paraître » : c’est une comparaison. Pas d’outil : c’est une métaphore. « Cet homme est un lion » est une métaphore ; « cet homme est courageux comme un lion » est une comparaison.
Attention au « comme » qui n’est pas comparatif : dans « comme il pleuvait, je suis resté », il exprime la cause. Pas de comparaison sans deux éléments rapprochés.
Oxymore ou antithèse : comment trancher ?
Les deux opposent, la différence tient à la distance. L’oxymore colle les deux contraires dans un seul groupe de mots, souvent un nom et son adjectif : « obscure clarté », « un silence assourdissant ». L’antithèse les place dans des groupes séparés de la phrase : « Je vis, je meurs ; je me brûle et me noie ». Si les deux mots contradictoires se touchent grammaticalement, c’est un oxymore.
| Couple piège | Le critère qui tranche |
|---|---|
| Comparaison / métaphore | Présence ou absence d’un outil de comparaison |
| Oxymore / antithèse | Contraires dans le même groupe ou dans des groupes séparés |
| Litote / euphémisme | Dire moins pour renforcer, ou pour adoucir |
| Personnification / allégorie | Allégorie = une idée abstraite incarnée, souvent avec une majuscule |
| Allitération / assonance | Son consonne ou son voyelle |
| Métonymie / périphrase | Un mot remplace un autre, ou une expression longue remplace un mot |
Comment analyser une figure de style dans un commentaire ?
Au brevet comme au bac, nommer la figure rapporte peu. Le correcteur attend une phrase en trois temps : la figure, la citation, l’effet. C’est le réflexe qui fait passer une réponse de 1 point à 3.
- Nommer : « Le poète emploie une métaphore… »
- Citer : « … « ma jeunesse ne fut qu’un ténébreux orage » (v. 1)… »
- Interpréter : « … qui assimile ses jeunes années à une tempête et traduit la violence et le malheur de cette période. »
Pour s’exercer, prenez un poème court, relevez trois figures et rédigez les trois phrases. Dix minutes, deux fois par semaine, et le réflexe s’installe avant les examens de fin juin.
Quelles figures de style tombent le plus au brevet et au bac ?
Les questions de langue et de lecture du brevet reviennent sans cesse sur la comparaison, la métaphore, la personnification, l’hyperbole, l’énumération et l’anaphore. Au bac de français, l’analyse linéaire de l’oral exige en plus l’oxymore, le chiasme, la litote, l’allitération et la gradation. Si vous ne devez en apprendre que dix, prenez celles-là, dans cet ordre.
RéviserFiche de révision bac français oral vierge, à imprimer et remplirUne figure de style ne se nomme jamais seule : figure, citation, effet, dans la même phrase.
La même matière existe en version visuelle dans la carte mentale des figures de style, pratique pour les mémoires visuelles. Les candidats au bac trouveront la suite dans la fiche de révision du bac de français, et la page des fiches de révision explique comment bâtir les vôtres. Pour réviser le vocabulaire des vers (syllabes, rimes), l’article sur l’alexandrin de 12 syllabes complète utilement.
Testez-vous : reconnaîtrez-vous ces figures ?
« Je meurs de soif. »
Hyperbole : exagération pour insister sur la sensation.
« Un soleil noir. »
Oxymore : deux termes contradictoires réunis dans le même groupe nominal.
« Ce n’est pas mauvais du tout » pour dire que c’est délicieux.
Litote : on dit moins pour faire entendre plus.
« Paris a voté » pour « les Parisiens ont voté ».
Métonymie : le lieu désigne ses habitants.
« Il faut manger pour vivre et non pas vivre pour manger. »
Chiasme : structure en miroir ABBA (manger, vivre / vivre, manger).
« Le roi des animaux » pour le lion.
Périphrase : une expression remplace le mot.
« Va, cours, vole, et nous venge. »
Gradation : les verbes de mouvement vont en s’accélérant.
Quelle différence entre allitération et assonance ?
L’allitération répète un son consonne, l’assonance un son voyelle.



